 Comme chaque année depuis 10 ans déjà, je vous tiens au courant de la rentrée de septembre par le biais de notre site, me revoici donc une fois encore devant cette feuille blanche !!
La reprise du travail s’est bien passée pour nous, quelques jours avant la date officielle de la rentrée scolaire, ce qui permis aux parents ou tuteurs d’avoir de l’argent en main pour faire face au coût d’une partie des fournitures et uniformes nécessaires en ce début d’année.
 Vu la cherté des PPN ( Produits de Première Nécessité) nous avons décidé au sein du Comité d’augmenter la bourse des enfants. Vos protégés bénéficient donc maintenant, en plus de leur inscription à l’O.S.T.I.E, d’un complément alimentaire, de bonbons à Pâques et d’une grande fête de fin d’année, chaque mois de 10.000 ariary que nous leur remettons comme toujours à la Mairie du 1er Arrondissement le premier mardi de chaque mois. Je peux vous dire que cette nouvelle a été applaudie le mardi 4 septembre et que les personnes présentes nous ont promis de veiller à ce que leurs enfants deviennent des enfants studieux, bien conscients qu’ils travaillent pour eux dans le but d’un avenir plus heureux !
Afin de vous faire partager quelque peu l’ambiance de la grande Ile dans laquelle nous évoluons, voici un petit résumé des faits les plus marquants, qui m’ont le plus touché et que j’ai notés pour vous. La source en vient souvent d’un quotidien national d’information et d’analyse « Les Nouvelles » ou d’un autre « L’express de Madagascar »
Je ne vous dirai rien ou pas grand chose des mois de juin, juillet et août, vu que je n’y étais pas! Sachez cependant que Tana la grande a eu droit à un toilettage complet. Des routes macadamisées, des immeubles, barrières, bancs publiques, tracés de routes, repeints, des arbres plantés, de nouveaux parterres de fleurs dessinés, des éclairages et illuminations clignotantes installés et même deux fontaines ont pris place une en centre ville, l’autre au carrefour conduisant vers l’aéroport. A mon retour de congé j’ai pu admirer tout cela, ainsi qu’à la sortie de Tana un nouvel immense panneau prenant toute la largeur de la route, en formant une arcade sur laquelle on peut lire en trois langues, malgache, français et anglais :
« La ville de Tana vous souhaite un bon voyage ! »
Madagascar ayant été désigné pour organiser chez elle les Jeux des îles du 9 au 19 août, il fallait que tout soit accueillant, propre et rassurant pour les visiteurs, investisseurs potentiels? L’honneur du pays étant en jeu !!
 Le 2 janvier après les réjouissances dues aux fêtes de fin d’année, nous fûmes plongés dans l’horreur de la réalité en apprenant qu’environ 5600enfants sur 6100 déclarés mal nourris risquaient de mourir dans le Sud si aucune disposition n’était prise ! Ce titre en gras apparaissait en page 5 sous la rubrique SOCIETE du journal Les Nouvelles ! Les enfants de moins de cinq ans figurent parmi les victimes les plus touchés par la malnutrition avec un taux variant entre 3 et 20% suivant la gravité. Cette situation nécessitait des dispositions d’urgence et des mesures furent prises par l’Office National de Nutrition (ONN) avec l’appui technique de l’Unicef.. Selon le représentant de l’Unicef à Madagascar Monsieur Bruno Maes, 28 communes étaient touchées par la malnutrition parmi les 189 déclarées en déficit alimentaire qui risquait d’affecter plus de 85.000 enfants et 25.000 femmes allaitantes dans toute l’île… Près de 10.000 enfants sont victimes de la malnutrition aiguë qui a constitué la principale cause de la mortalité infantile à Madagascar durant l’année 2006 !
Cette année 2007 commença par de belles paroles de la part du nouveau Président réélu pour cinq ans, « 10% d’augmentation des salaires pour les fonctionnaires des agents de l’Etat. » Il laissa aux patrons d’entreprises le soin d’apprécier l’opportunité ou non d’une décision d’augmentation des salaires dans le secteur privé !! Il y eut huit tonnes de fournitures scolaires perdues dans un incendie à Ampefiloha ; L’amphithéâtre de l’Académie National des Sports (ANS) fut le mardi 2 janvier en proie aux flammes qui se déclarèrent de l’intérieur.. Ces fournitures scolaires appartenaient à une ONG nommée « Solidarité Laïque » qui n’avait qu’un espoir, celui de venir en aide aux 22 Directions régionales de l’éducation nationale et donc aux enfants de Madagascar, malheureusement cet espoir est parti en fumée…. !!
 L’abandon d’enfants n’est plus accepté à partir de cette année….. C’est du moins ce que le Président Marc Ravalomanana a laissé entendre dans le discours qu’il prononça le vendredi 5 janvier à la cérémonie de la présentation de vœux. « Cette situation ou bon nombre de femmes, ayant à charge six à huit enfants et qui sont abandonnés par le père est inadmissible a-t-il dit !! » Un test d’ADN fut recommandé par le chef de l’état lors de ce discours. L’état malgache entend se mobiliser pour limiter le nombre d’enfants non reconnus ou n’ayant pas de père... L’état envisagerait donc de procéder à un test d’ADN pour les cinq années à venir…. une manière d’inciter tout un chacun à assumer ses actes !
Madagascar dispose d’une loi sur la paternité qui stipule que l’auteur d’un enfant a l’obligation de le nourrir.….. Le Dr Jean-Louis Robinson actuel Ministre de la santé et du planning familial, a ajouté après l’annonce de cette mesure: « Comme nous avons déjà une loi sur la paternité (qui soit dit en passant n’a jamais arrêté personne) le plus important c’est de voir les moyens permettant son application rapide, car cela laisse à désirer, notamment au niveau des zones enclavées. » !! L’abandon de famille et d’enfants prend malgré tout, une ampleur inquiétante, le service central de la police des mœurs et de la protection des mineurs reçoit, en moyenne près de 10 cas par mois, un véritable fléau social … Quand il n’est pas abandonné, l’enfant doit travailler, le travail des enfants issus d’un milieu défavorisé est une constante. Si certaines familles arrivent à s’en sortir, d’autres doivent avoir recours au soutien financier des enfants pour survivre. Des témoignages nous viennent de la part de mères, abandonnées ou séparées de leur conjoint, ayant des enfants en bas âge et de jeunes adolescents qui travaillent. Aucune d’elles ne conçoit pour l’instant de retirer leurs enfants du travail comme le souligne une d’entre elles. « Non pas qu’on est inconsciente que les faire travailler c’est nuire à leur enfance et à leur avenir, mais plutôt par ce qu’on sait que s’ils ne travaillent pas, c’est le présent qui ne sera plus vivable » !
 Faut-il rappeler qu’environ 30% des enfants à Madagascar travaillent, plus de 60% d’entre eux n’ont pas atteint l’âge légal d’entrée sur le marché du travail fixé à 15 ans ! Les manières les plus répandues qu’ont les enfants de travailler sont : petits vendeurs le long des rues de sacs en plastiques ou cartes postales faites main, porteurs de paniers d’emplettes en sortie de magasin et jusqu’à la voiture des clients, porteur d’eau, travail domestique, commerce informel, mendicité…mais également l’exploitation sexuelle … Actuellement 88% des enfants qui travaillent font des besognes domestiques ou dangereuses, comme la casse de pierres, les travaux dans les mines, l’orpaillage, le repiquage et le battage du riz et ce pourcentage se chiffre à 2 millions d’enfants entre 3 et 14 ans !! Les enfants sont les premières victimes de l’irresponsabilité des parents qui fuient devant leur devoir d’éducation et de protection des enfants faute de revenus, ici le chômage rémunéré par l’état n’existe pas !! Pour information Madagascar a ratifié la Convention sur le travail des enfants ! Les enfants ont le droit et le devoir d’aider leurs parents, mais pas au point de délaisser complètement leur scolarisation, malheureusement c’est souvent le cas, un enfant malgache sur trois est obligé de travailler pour continuer d’exister !! C’est donc ici chers donateurs que vous entrez en jeux, grâce à votre parrainage la famille de nos petits protégés reçoit chaque mois une somme qui l’aide à survivre et permet ainsi aux enfants d’être assis sur les bancs de l’école !! MERCI POUR EUX. L’enfance malgache en chiffres. 8,3 millions d’habitants ont moins de 18 ans. 1,3 millions d’enfants de moins de cinq ans n’ont pas de certificat de naissance. 1,8 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans n’ont pas accès aux soins sanitaires. 2 millions d’enfants âgés de moins de 15 ans réalisent des travaux dangereux pour survivre. 45% des enfants âgés de moins de 5 ans sont victimes de malnutrition. 5000 enfants vivent dans la rue de la capitale.
« Sources : Unicef, BIT, Ministère de la Population. »
 L’arrivée du commissaire européen en charge du développement et de l’aide humanitaire Louis Michel, fut une manne céleste pour le gouvernement malgache... En effet ce ne sont pas moins de12 millions d’euros que l’Union européenne a offert à Madagascar par son intermédiaire soit 31 milliards d’ariary !!... Espérons que les pauvres seront un peu moins pauvres et que les ONG qui doivent travailler en partenariat avec les pouvoirs publics auront droit au chapitre pour faire respecter les 16 projets dont il est question !
Les dégâts occasionnés par le passage des cyclones et de la pluie incessante de cette année furent très lourds. Le bilan provisoire du Bureau national de la gestion des risques et catastrophes fit état d’inondations de plus de 45.000 hectares de surface cultivée, provoquant la perte d’environ 200.000 tonnes de riz fin mars….Des maisons d’habitation furent inondées à cause de la montée des eaux faisant au total 24.000 sinistrés répartis dans toute l’île dont plus de 14.000 à Antananarivo.
Le gouvernement dut lancer un appel à l’aide internationale afin de venir en aide aux sinistrés…. Nous vécûmes des visions cauchemardesques aux alentours du centre de Tana ; ce fut l’horreur. Des tentes de fortune tout au long de la route digue furent installées pour y accueillir les sinistrés qui, en un rien de temps perdirent le peu de choses qu’ils possédaient…. Lorsque j’ai quitté Tana le 2 juin la situation était toujours très précaire pour tous ces malheureux! Jamais je n’avais vu une telle catastrophe sur les hauts plateaux depuis 10ans que j’y habite…. 10 ans déjà…10 ans que vous nous apportez votre confiance et que vous nous soutenez…. Pour marquer ces 10 ans d’amour et de dévouement que nous portons bénévolement au service des enfants dans la misère, un grand projet est en formation, la création d’un centre de remise à niveau et d’une école pour y accueillir environ 180 à 200 enfants !!
 Ce centre existe déjà dans un bas quartier populeux infiniment pauvre au cœur même de Tana qui ce nomme ANKORONDRANO, un petit centre construit en bois où ces enfants reçoivent des cours, de la nourriture et de l’attention, info sur ce projet www.zazakely1.skyblog.com. J’ai appris d’une source informelle que tout ce bas quartier est appelé à disparaître dans un futur proche ou lointain suivant les cas.
Il parait qu’en haut lieu, on veut faire d’Ankorondrano un quartier chic, fenêtre ouverte sur une Tana dynamique et moderne…Si c’est vraiment le cas je ne sais pas ce que deviendront tous ces miséreux et s’ils sont repoussés aux portes de la ville comme ça c’est déjà produit sous l’ancien régime, il ne conviendrait pas de construire un centre en dur à cet endroit s’il n’y a plus de nécessiteux à y installer…. Je dois donc pousser plus de l’avant mes investigations, avant d’investir l’argent que certains de vous nous ont donné pour ce projet !! Nous avançons, lentement mais sûrement, rien n’est facile ici mais c’est comme partout ailleurs je suppose quand on côtoie la pauvreté extrême … Nous avons la volonté et l’énergie pour y arriver et nous y arriverons, tant que nous pourrons compter sur votre support et votre générosité.
Avant de terminer, cette lettre ouverte, je voudrais vous en faire découvrir une autre, celle-ci fut écrite par le père Pedro. Le père Pedro Opeka est une figure bien connue ici à Tana et à l’étranger, il a fait passer cette lettre dans le quotidien « les Nouvelles » du jeudi 8 mars, elle était adressée à Monsieur le PDS de la commune urbaine d’Antananarivo et en voici le contenu :
« Pour l’énième fois nous voulons tirer la sonnette d’alarme sur la situation inhumaine que vivent les enfants des rues dans la ville d’Antananarivo ! Si nous n’attendions pas le mois de juin pour nous donner bonne conscience par des fêtes et des discours ! Ce problème des enfants de la rue dans notre capitale est un problème de longue date, jusqu’à maintenant malgré les nombreux appels aux autorités de la ville et aux ministères responsables, peu de choses ont été faites, dans le temps et la persévérance ! Ces efforts se devraient d’être durables. Les autorités responsables savent ce qui se passe en ville : l’éclatement, la violence, les viols, la prostitution dans les familles…. Honte pour notre ville que les parents laissent leurs enfants se perdre dans la rue, honte aussi pour les responsables des services d’ordre, lorsque des enfants ne craignent plus personne. Que certains quartiers de notre ville ne deviennent jamais des zones de « non droit » ! Est-ce possible que des enfants tiennent tête aux parents et aux responsables de la ville, parce que des parents et des autorités ont démissionné, ont laissé la famille s’éclater et l’humanité dans la ville s’en aller à la dérive ! Cette constatation n’est en rien une accusation mais une triste réalité dont nous devons ensemble nous sentir responsables et solidaires. Nous demandons instamment à la commune urbaine d’organiser un plan pour ramener les enfants dans leur famille, faire tout son possible pour dissuader chacun et les persuader fermement de ne plus s’installer et dormir dans la rue ! Il y va de la dignité, de l’avenir des enfants et du regard que portent les touristes sur notre beau pays et sur notre capitale. Dans bien des cas, la charte des enfants n’est pas respectée. C’est un défi pour chaque citoyen de faire tout son possible pour encourager les enfants à rentrer chez eux, à aller à l’école et à aider leurs parents ! Tous nous savons qu’ils ont des excuses, dans une famille sans nourriture et en l’absence de père ! La société avec tous ses moyens et son savoir-faire peut apporter des solutions à ce problème. Si nous ne réagissons pas à temps la situation sera irréversible et les dégâts considérables pour toute la ville. Parents, responsables de la ville, ONG nous ne pouvons et ne devons pas baisser les bras, il y va de l’avenir de nos enfants! Il est temps de se réveiller et de prendre nos responsabilités ! A t’on le droit d’occuper un poste sans en avoir la dignité de la responsabilité. L’avenir le jugera. Contre ce fléau nous devons tous nous donner la main, Etat, Eglise, Société civile et ONG !
Hier soir encore nous étions jusqu’à minuit à la recherche d’enfants, nous en avons ramené 3 de 6 à 7 ans, une vingtaine se sont échappés. Le problème est grave, il ne s’agit pas de l’organisation de plate forme mais de sortir dans la rue pour découvrir la triste réalité et sauver des enfants. Certainement une solution existe…à nous de la chercher ensemble, pour ne pas perdre notre âme et la leur ! Nous sommes tous responsables de leur avenir…. Cette lettre ouverte est un SOS à nos consciences et à votre bonne volonté ! Fait à Akamasoa, le 07 mars 2007.Père Pedro Opeka. » De retour le 2 septembre à Tana, j’y ai trouvé un article de presse du « Midi Madagasikara » N°7243 daté du lundi 4 juin 2007 ; une amie l’ayant gardé pour moi. Je ne vais pas vous en faire toute la lecture mais simplement vous faire savoir que le père Pedro durant ce mois de juin dédié aux enfants, avait une fois de plus essayé de transmettre un message en faisant un appel pour plus d’action que de discours. Ce Dignitaire ecclésiastique faisait justement remarquer que chaque année en ce mois de l’enfance, on pouvait lire de belles pages et entendre de beaux discours, tous remplis d’intentions généreuses pour tous les enfants du monde. Il s’interrogeait dans une autre lettre intitulée « Carton rouge pour l’abandon des enfants » de savoir si cela suffisait pour sauver tous les enfants qui souffrent dans le monde et particulièrement ceux des pays pauvres ? « Que cela signifie-t-il pour chacun d’entre nous, parents, éducateur, responsables politiques et religieux ? Que fait-on concrètement pour mettre en œuvre, partout, les droits des enfants proclamés dans une belle Déclaration Universelle ? Que faisons-nous pour tenir la vérité de ces droits de l’enfance ? » Ce religieux lance ainsi à nouveau un appel à tous les parents, à tous les Etats, aux responsables politiques, aux éducateurs et aux églises à consacrer toutes leurs actions pour la vie qui est incarnée par les enfants. « Assurons la vie dit-il, • En construisant des logements sociaux pour les familles les plus démunies • En assurant l’alimentation des enfants • En créant des écoles où ils seront instruits pour avoir ensuite un métier • En les soignant dans les centres de santé indispensables • En les dissuadant de fuir dans les rues où ils courent les pires risques de la drogue, de l’alcool et de la débauche »
En quelque sorte, ses mots d’ordres sont : passons aux actes… « Acta non verba ! » Rien de plus à ajouter !
Merci de continuer à nous soutenir afin que nous puissions arriver au bout de nos ambitions !! Cordialement Vôtre, Nicky Van Ass Présidente Fondatrice |
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